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Les effets des écrans sur les enfants : recommandations des spécialistes romands et pistes pour les parents

Les effets des écrans sur les enfants : recommandations des spécialistes romands et pistes pour les parents

Les effets des écrans sur les enfants : recommandations des spécialistes romands et pistes pour les parents

Dans beaucoup de familles romandes, les mêmes scènes se répètent : un enfant qui négocie « encore cinq minutes », un parent partagé entre fatigue et culpabilité, une fratrie qui se dispute une tablette. Les écrans font partie de notre quotidien. Mais que disent aujourd’hui les spécialistes romands sur leurs effets ? Et surtout : comment trouver un chemin réaliste, sans dramatiser ni tout laisser faire ?

Dans cet article, je vous propose un tour d’horizon des recommandations actuelles, puis des pistes concrètes pour les parents, inspirées à la fois par les professionnels de la santé de Suisse romande et par ce que nous observons dans la vie de nos familles d’église.

Ce que disent les spécialistes romands

En Suisse romande, plusieurs acteurs suivent de près la question : la Société Suisse de Pédiatrie, les services de pédopsychiatrie des HUG (Genève), du CHUV (Vaud), ainsi que des programmes comme Action Innocence, le GREA ou Pédaura (pédiatres lausannois). Leurs messages convergent sur plusieurs points clés.

Première idée forte : le problème n’est pas l’écran en soi, mais la place qu’il prend. Un dessin animé de 20 minutes après l’école n’a pas le même impact qu’un usage solitaire et quotidien de trois heures le soir, juste avant de dormir.

Deuxième idée : on ne met pas tous les écrans dans le même panier. Une séance de devoirs sur tablette, un appel vidéo avec les grands-parents ou un jeu de coopération n’ont pas le même effet qu’une succession de vidéos courtes, très stimulantes, qui captent l’attention sans laisser de pauses.

Troisième idée : le plus important reste ce que l’enfant fait en dehors des écrans : sommeil suffisant, activité physique, contacts sociaux, jeux libres. Les spécialistes parlent désormais d’« équilibre de la journée » plutôt que d’un simple « compteur de minutes ».

Quels effets sur les enfants ? Ce que l’on sait aujourd’hui

Les études menées en Suisse et à l’international dessinent plusieurs tendances préoccupantes quand l’usage des écrans devient excessif ou non encadré.

Sur le sommeil :

Sur la concentration et l’apprentissage :

Sur les émotions et la relation à soi :

Sur la santé physique :

Les professionnels romands insistent cependant sur un point rassurant : ce ne sont pas des effets automatiques. Tout dépend de l’intensité, de la durée, du type de contenu et de l’accompagnement par les adultes.

Âge par âge : repères de base proposés par les spécialistes

Chaque enfant est différent, mais des repères simples peuvent aider à se situer. Voici une synthèse de recommandations largement partagées par les pédiatres romands, à adapter à votre réalité familiale.

Avant 3 ans : presque pas d’écrans

Pourquoi ? Parce que le tout-petit a surtout besoin de contacts humains, de manipuler de vrais objets, d’entendre des voix réelles. Son cerveau se construit dans la relation, pas devant un écran.

Entre 3 et 6 ans : peu, accompagné, de qualité

Entre 6 et 11 ans : des règles claires, un cadre stable

Dès 12 ans : autonomie progressive, mais pas solitude

Un élément important, relevé par plusieurs pédopsychiatres romands : les parents restent les principaux modèles. Si le parent est constamment sur son téléphone, le message implicite est plus fort que toutes les explications données.

Des tensions fréquentes dans les familles : et si c’était normal ?

Beaucoup de parents de la région lausannoise confient la même chose : « On sait qu’on devrait limiter, mais dans la vraie vie c’est compliqué ». Après une journée de travail, la tentation est grande de « calmer » les enfants avec une vidéo. Les devoirs, les activités, les trajets… l’écran apparaît souvent comme un outil de survie.

Les spécialistes rappellent que la culpabilité ne fait pas avancer. Ce qui compte, c’est d’observer, ajuster, expliquer. Quelques questions utiles à se poser en famille :

Quand les réponses commencent à inquiéter, c’est le signe qu’un changement est nécessaire. Pas en un jour, mais étape par étape.

Mettre en place un cadre familial : pistes concrètes

Chaque foyer a son rythme, son histoire, ses contraintes. Mais certaines démarches reviennent souvent parmi les familles qui disent avoir retrouvé un équilibre plus serein.

1. Fixer des « zones sans écran »

2. Établir un « contrat-écran » familial

Cela évite la négociation permanente au cas par cas. Le parent peut alors s’appuyer sur un cadre connu et discuté à froid, plutôt que sur l’humeur du moment.

3. Prévoir des alternatives réalistes

Interdire un écran sans proposer d’autres activités mène souvent à l’échec. Quelques idées simples, que plusieurs familles de notre communauté utilisent :

4. Préparer les transitions

Le moment où l’on éteint l’écran est souvent le plus explosif. Les spécialistes recommandent :

Oui, les cris peuvent arriver quand même. Mais, avec un cadre constant, la tension baisse en général au fil des semaines.

Quand faut-il s’inquiéter ? Signaux d’alerte

Les pédiatres romands invitent à consulter un professionnel si vous observez, sur plusieurs semaines :

Un premier point de contact reste votre pédiatre. En Suisse romande, des consultations spécialisées existent, par exemple au CHUV ou aux HUG, pour accompagner les familles dans ces situations.

Les écrans, mais aussi des opportunités à saisir

Du côté positif, les mêmes spécialistes rappellent que les écrans peuvent aussi être des outils précieux, à condition d’être bien choisis et encadrés.

Pour apprendre :

Pour la vie spirituelle :

Pour le lien familial :

L’enjeu n’est donc pas de bannir toute technologie, mais de choisir ce qui nourrit l’enfant plutôt que ce qui l’aspire.

Et les parents dans tout ça ? Retrouver une place paisible

Beaucoup de parents romands se sentent pris entre les recommandations officielles, les demandes de leurs enfants et la pression sociale (« Tous mes copains ont déjà un smartphone ! »). Comment garder le cap sans se sentir dépassé ?

Quelques repères qui reviennent souvent dans les échanges de parents au sein de notre communauté :

Enfin, la foi peut être un repère discret mais solide : que voulons-nous transmettre à nos enfants ? Quel type de regard sur eux-mêmes, sur les autres, sur Dieu ? Cette réflexion peut guider nos choix numériques, tout comme elle guide nos choix d’activités, de lectures ou de fréquentations.

Pour aller plus loin : quelques habitudes à tester

Si vous sentez que les écrans prennent trop de place à la maison, voici quelques idées simples à expérimenter pendant un mois, puis à évaluer ensemble :

L’objectif n’est pas de tenir un idéal parfait, mais de cheminer. Un pas après l’autre, en observant le bien-être de chacun, en restant à l’écoute des signaux que nos enfants nous envoient, même à travers leurs colères ou leurs silences.

Les écrans sont là pour rester. Entre alarmisme et laxisme, il existe un chemin de vigilance paisible, où les parents restent aux commandes, soutenus par les repères des spécialistes, par la solidarité d’autres familles, et par une confiance plus grande : celle d’être accompagnés dans cette tâche exigeante d’éduquer, dans tous les domaines de la vie… y compris numérique.

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