Tour d’horizon des initiatives locales pour consommer en vrac à lausanne et réduire ses déchets d’emballage

Tour d’horizon des initiatives locales pour consommer en vrac à lausanne et réduire ses déchets d’emballage

Pourquoi s’intéresser au vrac à Lausanne ?

À Lausanne, les sacs poubelles officiels rappellent vite le coût de nos déchets. Entre les bacs à la cave et les sacs taxés, chaque famille voit concrètement ce que représentent les emballages superflus. Le vrac offre une alternative simple : acheter seulement la quantité nécessaire, sans emballage jetable.

Ce n’est pas réservé aux « écolos experts ». De plus en plus de Lausannois s’y mettent : familles avec enfants, étudiants, retraités. Les motivations sont diverses :

  • réduire le volume de la poubelle (et la facture des sacs officiels),
  • éviter le plastique à usage unique,
  • mieux maîtriser les quantités et limiter le gaspillage alimentaire,
  • encourager des commerces de proximité.

Dans cet article, petit tour d’horizon des possibilités autour de nous, avec des exemples concrets pour passer, pas à pas, à une consommation plus sobre… mais réaliste.

Les épiceries vrac de quartier

Les épiceries 100 % vrac ou « vrac majoritaire » sont souvent le point de départ. On y trouve généralement :

  • céréales (riz, pâtes, flocons d’avoine, muesli),
  • légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs),
  • oléagineux (noix, amandes, graines),
  • biscuits et chocolats,
  • produits ménagers (lessive, liquide vaisselle, savon noir),
  • cosmétiques simples (savon solide, shampoing solide).

À Lausanne, plusieurs quartiers disposent aujourd’hui d’une offre en vrac. Sans dresser une liste exhaustive, on peut citer :

  • une épicerie participative comme La Brouette, proche du centre-ville, qui fonctionne avec des coopérateurs mais reste accessible aux non-membres pour certains achats,
  • des enseignes spécialisées en vrac et produits locaux, présentes notamment vers la gare ou dans des quartiers résidentiels,
  • des petites épiceries de quartier qui ont intégré des silos à vrac pour quelques produits de base.

Les horaires, les prix et l’assortiment varient d’un lieu à l’autre. Le plus simple : repérer l’épicerie la plus proche de chez vous ou de votre trajet habituel (travail, école, église) et commencer par y acheter 2 ou 3 produits récurrents : par exemple vos pâtes préférées, vos flocons pour le petit-déjeuner et votre riz.

Un détail rassurant : les épiceries vrac sont habituées aux personnes qui débutent. On peut se tromper de bocal, poser dix questions, oublier son sac… Les commerçants connaissent ces situations et prennent souvent le temps d’expliquer le fonctionnement de la balance, des contenants, des consignes.

Marchés lausannois : du vrac au naturel

À Lausanne, les marchés hebdomadaires sont déjà, en soi, une forme de vrac. Légumes, fruits, fromages, pain : tout est vendu sans emballage individuel obligatoire. On peut venir avec ses propres sacs en tissu, filets à légumes, boîtes pour le fromage ou la charcuterie.

Les principaux rendez-vous :

  • le marché du samedi dans le centre-ville (place de la Riponne, place de la Palud, rues adjacentes),
  • le marché du mercredi matin, plus petit mais plus calme,
  • des marchés de quartier ponctuels ou saisonniers, parfois devant certaines écoles ou lieux de passage.

Certains producteurs jouent le jeu jusqu’au bout : ils remplissent volontiers vos sacs en tissu, notent directement le poids sur un petit carnet, et évitent les sachets plastiques. D’autres gardent encore certains automatismes d’emballage. N’hésitez pas à dire gentiment : « Je préfère sans sachet, je peux utiliser mon sac en tissu ? » La plupart acceptent sans problème.

Pour une famille, faire le marché en vrac peut devenir un rituel simple :

  • un panier ou un cabas,
  • quelques petits sacs en tissu (céréales, fruits, légumes),
  • éventuellement une boîte pour le fromage ou la viande.

C’est aussi l’occasion d’apprendre aux enfants d’où vient ce qu’ils mangent, de rencontrer les personnes qui produisent, et de discuter des saisons. Une forme d’éducation à la sobriété, en direct sur la place de la Palud.

Le vrac dans les grandes surfaces

Les grandes chaînes de supermarchés présentes à Lausanne ont elles aussi développé des rayons vrac, notamment pour :

  • les fruits à coque, fruits secs, bonbons,
  • certains riz, pâtes et céréales,
  • parfois le café ou le thé.

Les contenants proposés sont souvent des sachets en papier, mais il devient possible, dans certains magasins, de venir avec ses propres sacs réutilisables, selon les règles de l’enseigne. L’intérêt : pour les personnes qui vont déjà faire leurs courses « classiques » au supermarché, cela permet d’intégrer un peu de vrac sans changer totalement ses habitudes.

Un exemple concret : une famille peut décider que, chaque semaine, elle achètera au rayon vrac :

  • les noix pour les collations des enfants,
  • un muesli sans emballage,
  • des légumineuses pour un repas végétarien.

Pas besoin d’être parfait ni de tout transformer en une fois. Trois ou quatre produits réguliers suffisent déjà à réduire sensiblement les déchets d’emballage.

Groupements d’achats et épiceries participatives

À côté des commerces classiques, Lausanne voit se développer des initiatives plus collectives : associations, coopératives, épiceries participatives. Leur point commun : acheter en plus grande quantité, directement auprès de producteurs ou de grossistes, pour proposer ensuite des produits souvent bio, locaux et en vrac.

Concrètement, ces lieux fonctionnent de plusieurs manières :

  • certains demandent une adhésion annuelle et quelques heures de bénévolat par mois,
  • d’autres sont ouverts à tous mais proposent des avantages aux membres,
  • certains opérent par commandes groupées régulières (par exemple, une fois par mois pour les céréales et les légumineuses).

Participer à un groupement de ce type, c’est :

  • réduire drastiquement les emballages sur certains produits (on reçoit de grands sacs ou seaux, que l’on reconditionne chez soi),
  • améliorer la traçabilité (on sait d’où viennent les produits),
  • créer des liens avec d’autres familles ou personnes de la région.

Pour des membres d’église, cela peut aussi être une manière de vivre une forme de solidarité concrète : on partage les charges, on s’entraide pour le transport, on se donne des recettes pour cuisiner les produits achetés en grandes quantités.

Cosmétiques, entretien de la maison et vrac

Le vrac ne concerne pas que l’alimentation. À Lausanne, plusieurs magasins proposent désormais en vrac :

  • lessive liquide,
  • liquide vaisselle,
  • savon pour les mains,
  • produits multi-usages pour le ménage.

Le principe : on apporte sa bouteille (ou on en achète une sur place), on la fait peser, on la remplit, puis on paie au litre. Quand la bouteille est vide ? On recommence. Zéro nouveau plastique.

Côté salle de bain, on trouve de plus en plus facilement :

  • savons solides,
  • shampoings solides,
  • déodorants en pot réutilisable,
  • brosses à dents rechargeables ou en bois.

Changer ces habitudes peut paraître secondaire, mais à l’échelle d’une famille, la quantité de flacons de gel douche, shampoing et nettoyants qui disparaissent de la poubelle est impressionnante. C’est aussi une manière concrète d’expliquer aux enfants que chaque geste compte, même sous la douche.

Comment s’y mettre sans se compliquer la vie ?

Passer au vrac ne doit pas devenir une source de stress supplémentaire. Tout l’enjeu est d’avancer par petites étapes réalistes.

Quelques repères pour une famille lausannoise :

  • Choisir un quartier de référence : près de chez vous, de l’école ou de l’église. Cela évite les détours en voiture et garde le vrac compatible avec un emploi du temps chargé.
  • Commencer par 3 produits « faciles » : par exemple pâtes, riz, flocons d’avoine. Des produits secs, qui se conservent bien, que vous consommez régulièrement.
  • Prévoir une « boîte à sacs » fixe : un petit panier près de la porte avec sacs en tissu, bocaux propres, bouteilles vides pour la lessive. Quand on part faire les courses, on prend le panier tel quel.
  • Accepter l’imperfection : il y aura des semaines avec plus d’emballages que d’autres. Ce n’est pas grave. L’important est la tendance sur la durée.
  • Impliquer les enfants : les plus petits adorent remplir les silos à vrac et peser les bocaux. C’est une façon ludique d’apprendre les quantités, le prix au kilo, le respect des ressources.

Beaucoup de familles témoignent qu’après quelques mois, le vrac devient presque automatique : les bocaux ont trouvé leur place dans la cuisine, la routine des courses est ajustée, et la poubelle hebdomadaire a clairement diminué.

Impact sur les déchets : ce que l’on observe vraiment

Réduire les emballages ne résout pas tout, mais les effets concrets se voient vite. À Lausanne, dans les témoignages recueillis lors de diverses rencontres ou ateliers, plusieurs points reviennent régulièrement :

  • Moins de sacs officiels remplis : certaines familles passent d’un sac 35 l par semaine à un sac tous les 10 jours, voire toutes les deux semaines.
  • Moins de plastique dans les bacs de tri : les bouteilles de shampoing, les flacons de produits ménagers, les sachets plastiques de pâtes et de riz disparaissent peu à peu.
  • Moins de gaspillage alimentaire : acheter en vrac permet d’adapter la quantité à la réalité. Une personne seule n’est plus obligée de prendre un kilo de riz alors qu’elle en consomme peu. Une grande famille peut acheter davantage, dans de grands bocaux, sans multiplier les emballages.

Au-delà des chiffres, beaucoup décrivent un changement de regard : on devient plus attentif à ce qu’on achète, à la composition des produits, à la saisonnalité. Le geste de consommer en vrac devient une porte d’entrée vers une consommation plus réfléchie.

Une démarche qui rejoint aussi la foi et la vie d’église

Pour les membres d’une communauté chrétienne, la question des déchets n’est pas seulement technique ou financière. Elle touche aussi à notre manière de prendre soin de la création. Réduire les emballages, ce n’est pas chercher la perfection écologique, mais répondre, à son niveau, à l’appel à la responsabilité.

Dans la vie d’église, plusieurs pistes émergent :

  • organiser un atelier vrac après un culte ou un brunch, pour montrer concrètement comment s’équiper, où aller à Lausanne, comment lire les étiquettes,
  • mutualiser certains achats en grande quantité entre familles de la communauté (par exemple des légumineuses ou de la lessive),
  • réfléchir aux événements d’église en limitant les emballages jetables : privilégier les boissons en bonbonnes, les biscuits faits maison, la vaisselle réutilisable.

Ces démarches restent simples, mais elles rendent visible, au cœur même de la communauté, le lien entre foi et gestes du quotidien. Elles montrent aussi aux plus jeunes qu’il est possible d’aligner nos choix de consommation avec nos convictions.

Quelques freins fréquents… et comment les dépasser

Les mêmes objections reviennent souvent lorsque l’on parle de vrac à Lausanne.

  • « Le vrac, c’est plus cher » : sur certains produits, notamment le bio local, le prix peut effectivement être plus élevé au kilo. Mais sur d’autres (riz, lentilles, produits ménagers simples), le vrac est compétitif, surtout si l’on compare des qualités équivalentes. Et la possibilité d’acheter exactement la quantité nécessaire évite les pertes.
  • « Je n’ai pas le temps d’aller dans mille magasins » : l’idée n’est pas de faire un circuit touristique des épiceries vrac, mais d’intégrer une adresse ou deux sur des trajets déjà existants (travail, école, marché du samedi).
  • « Je ne veux pas que ma cuisine se transforme en magasin de bocaux » : il n’est pas nécessaire d’en avoir partout. Quelques grands bocaux pour les produits de base, quelques plus petits pour les graines ou les noix suffisent. L’esthétique viendra peut-être avec le temps, mais ce n’est pas une obligation.
  • « Je n’ose pas, je ne sais pas comment ça marche » : la première visite dans une épicerie vrac peut impressionner. On peut y aller avec un ami, un membre de la famille, ou même proposer une sortie de groupe depuis l’église ou un groupe de maison. Et surtout, demander de l’aide sur place.

Des premières étapes à portée de main

Pour finir sur du concret, voici un petit plan d’action possible, à adapter selon votre réalité lausannoise :

  • Cette semaine : repérer sur votre trajet une épicerie vrac, un supermarché avec rayon vrac ou un marché où vous pourriez aller. Acheter un seul produit en vrac pour tester.
  • Ce mois-ci : identifier trois produits « de base » que vous pourriez systématiquement acheter en vrac (ex. : pâtes, riz, flocons d’avoine). Préparer les bocaux ou sachets pour cela.
  • Dans les trois mois : intégrer un produit ménager ou de salle de bain en vrac (lessive, savon, shampoing solide) dans votre routine.
  • D’ici la fin de l’année : faire le point sur votre poubelle : nombre de sacs, type de déchets. Observer ce qui a évolué et décider, en famille ou en groupe, d’une nouvelle étape réaliste.

À Lausanne, l’offre pour consommer en vrac grandit discrètement mais sûrement. Entre les épiceries de quartier, les marchés, les initiatives participatives et les rayons spécialisés des grandes surfaces, chacun peut trouver son chemin. Pas besoin de tout changer en un jour : quelques gestes réguliers, partagés avec d’autres, suffisent à transformer notre manière de consommer… et à alléger un peu nos sacs poubelle comme notre impact sur la création.